Définition : la mise en page d'un livre KDP consiste à transformer un manuscrit en un fichier conforme aux contraintes d'impression ou de lecture d'Amazon, et agréable à lire. Elle se décline en deux travaux distincts : un intérieur paginé pour le broché et le relié, défini par une taille de coupe, des marges minimales imposées par Amazon (de 6,4 mm en extérieur à 22,3 mm de gouttière selon l'épaisseur) et, si nécessaire, un fond perdu de 3,2 mm ; et un fichier au flux continu pour l'ebook Kindle, où rien n'est paginé et où seule la structure logique du texte compte.

C'est l'étape où les auteurs perdent le plus de temps, et pour une raison simple : ils cherchent une recette alors qu'il s'agit de deux métiers. Un intérieur de broché est un objet physique, mesuré au dixième de millimètre, où une gouttière trop courte rend un chapitre illisible près de la reliure. Un ebook est un flux que le lecteur redimensionne à sa guise, et où tout effort de calage visuel se retourne contre vous. Voici les valeurs officielles d'Amazon, le fichier à livrer dans chaque cas, et les décisions à prendre avant d'ouvrir le logiciel.

La mise en page en 1 minute

Point de décisionBroché et reliéEbook Kindle
Ce qui est figéTaille de coupe, marges, paginationRien : le lecteur règle tout
La contrainte AmazonMarges minimales selon le nombre de pages, fond perdu de 3,2 mmStructure par styles de titre, sommaire cliquable
Le fichier à livrerPDF (obligatoire avec fond perdu), export en PDF/XKPF via Kindle Create, ou EPUB, ou DOCX
L'erreur qui coûteGouttière au minimum légal sur un livre épaisMise en forme manuelle au lieu des styles

À retenir avant tout : choisissez la taille de coupe en premier. Elle détermine les marges, le nombre de pages, le coût d'impression et les dimensions de la couverture. En changer après coup, c'est tout refaire.

Au sommaire
  1. Deux mises en page, pas une
  2. La taille de coupe, le choix qui verrouille tout
  3. Marges et gouttière : le tableau officiel
  4. Le fond perdu, première cause de refus
  5. Le texte : police, corps, interligne
  6. Pages liminaires et pagination
  7. L'ebook : flux, sommaire et poids du fichier
  8. Fiction et non-fiction : ce qui change

1. Deux mises en page, pas une

Votre manuscrit est unique, votre mise en page ne l'est pas. Le choix de publier en broché, en ebook ou dans les deux formats précède tout le reste, et je l'ai détaillé dans l'article sur le format à choisir entre ebook et broché. Une fois ce choix fait, la règle est la suivante.

Pour l'imprimé, vous décidez de tout et le lecteur de rien. Chaque page existe physiquement, se compte, se paie à l'impression, et la coupe tolère une imprécision de quelques millimètres. Vous travaillez donc en valeurs absolues.

Pour l'ebook, le lecteur décide de tout et vous de rien. Il change la taille du texte, la police, les marges, l'orientation, et passe d'un téléphone à une liseuse. Vous ne mettez pas en page, vous structurez : des titres déclarés comme titres, des paragraphes déclarés comme paragraphes, et aucune tentative de forcer un saut de ligne au bon endroit.

C'est cette confusion qui produit la majorité des ebooks ratés : des retours à la ligne manuels pour « centrer » un titre, des espaces insécables pour décaler un texte, des images calées en pleine page. Sur l'écran de l'auteur, tout tient. Sur le téléphone du lecteur, tout se disloque. Le principe tient en une phrase : dans un ebook, tout ce qui est visuel doit être obtenu par un style, jamais à la main.

2. La taille de coupe, le choix qui verrouille tout

La taille de coupe, c'est le format fini du livre après rognage. Amazon propose une liste de formats standards, et le 15,24 x 22,86 cm (6 x 9 pouces) est à la fois le plus courant et le format par défaut de KDP. Les autres repères utiles :

FormatDimensionsPour quel livre
5 x 8 po12,7 x 20,32 cmRoman compact, proche du poche français
5,5 x 8,5 po13,97 x 21,59 cmRoman, récit, essai court
6 x 9 po15,24 x 22,86 cmLe standard : roman, guide pratique, non-fiction
8,5 x 11 po21,59 x 27,94 cmCahier d'exercices, manuel, livre illustré
A421 x 29,7 cmDocuments très structurés, usage européen

Le broché accepte également des formats personnalisés, dans une fourchette de 4 à 8,5 pouces de largeur et de 6 à 11,69 pouces de hauteur. C'est utile pour une collection à l'identité forte, mais sachez qu'un format exotique limite parfois les options de distribution et déroute les lecteurs habitués aux proportions classiques.

Trois conséquences à anticiper. D'abord, le format décide du nombre de pages, donc du coût d'impression, donc du prix de vente minimum : le lien entre épaisseur, coût et redevance est détaillé dans mon article sur les prix et les redevances KDP. Ensuite, il décide des dimensions de la couverture, dont le dos dépend du nombre de pages et du type de papier, un point que je développe dans les 12 éléments d'une couverture professionnelle. Enfin, il décide du plafond de pages acceptable.

Sur ce dernier point, les chiffres officiels méritent d'être connus. En broché, le plancher est de 24 pages. Le plafond varie selon l'encre et le papier : 828 pages en encre noire sur papier blanc, 776 pages sur papier crème (plus épais par feuille), 812 pages sur papier avec bois, 600 pages en couleur standard avec un plancher relevé à 72 pages, et 828 pages en couleur premium. Le relié est bien plus contraint : de 75 à 550 pages dans la plupart des formats. Et ces plafonds baissent encore sur les grands formats, les carrés, le 11 pouces et le A4.

Autrement dit, si vous écrivez une saga et que le tome 1 flirte avec les 700 pages, le choix du papier crème (plus agréable à l'œil pour un roman) peut vous fermer la porte. C'est typiquement le genre d'arbitrage qui se fait avant la mise en page, pas après.

3. Marges et gouttière : le tableau officiel

Un livre imprimé a trois marges extérieures (haut, bas, côté) et une marge intérieure, la gouttière, côté reliure. Amazon impose des minimums, et la gouttière est la seule qui augmente avec l'épaisseur du livre, pour une raison mécanique évidente : plus un livre est épais, plus il se referme sur lui-même, et plus le texte proche de la reliure disparaît dans le pli.

Voici les valeurs de la documentation officielle KDP :

Nombre de pagesMarge intérieure (gouttière)Marges extérieures, sans fond perduMarges extérieures, avec fond perdu
24 à 1509,6 mm (0,375 po)au moins 6,4 mm (0,25 po)au moins 9,6 mm (0,375 po)
151 à 30012,7 mm (0,5 po)au moins 6,4 mmau moins 9,6 mm
301 à 50015,9 mm (0,625 po)au moins 6,4 mmau moins 9,6 mm
501 à 70019,1 mm (0,75 po)au moins 6,4 mmau moins 9,6 mm
701 à 82822,3 mm (0,875 po)au moins 6,4 mmau moins 9,6 mm

Deux précisions d'honnêteté. La page d'aide donne aussi la marge extérieure minimale sous la forme 6,35 mm, soit un arrondi différent du 6,4 mm de son propre tableau : l'écart est sans conséquence pratique, mais il illustre pourquoi il faut toujours garder un peu de marge sur la marge. Et Amazon précise de définir le format de page avant les marges, puisque les valeurs dépendent du nombre de pages, lequel dépend du format.

Surtout, retenez ceci : ce sont des minimums de conformité, pas des valeurs de confort. Un fichier calé pile sur le minimum passe les contrôles automatiques de KDP et produit un livre serré, dense, fatigant. Un roman de 320 pages au 6 x 9 respire avec une gouttière de 19 à 20 mm plutôt que les 15,9 mm réglementaires, et 15 à 18 mm en extérieur plutôt que 6,4 mm. Le coût est nul : vous perdez quelques lignes par page, donc quelques pages sur le total, et vous gagnez un livre qui ressemble à un livre.

Un détail qui trahit immédiatement l'amateur : la gouttière doit alterner. Sur une page de droite, elle est à gauche ; sur une page de gauche, elle est à droite. Dans un traitement de texte, cela s'obtient en activant les pages en vis-à-vis (ou pages miroir) et non en réglant une marge gauche fixe pour tout le document. Faute de quoi, une page sur deux aura son texte collé au pli.

4. Le fond perdu, première cause de refus

Le fond perdu est la zone de débord qui absorbe l'imprécision du massicot. Sur KDP, les éléments destinés à toucher le bord de la page doivent s'étendre 3,2 mm (0,125 pouce) au-delà de la ligne de coupe, en haut, en bas et sur le côté extérieur. Sans ce débord, une bande blanche apparaît sur certains exemplaires, et uniquement sur certains, ce qui rend le défaut d'autant plus difficile à diagnostiquer.

Qui en a besoin ? Tout livre dont une image, un aplat de couleur, un filet ou une texture touche le bord d'une page. Donc les albums, les livres illustrés, les cahiers d'exercices, les ouvrages avec des pages de titre de chapitre en pleine couleur. Un texte courant classique n'en a pas besoin, et il vaut mieux s'en passer quand on peut : le fond perdu impose un fichier PDF, relève le minimum des marges extérieures à 9,6 mm, et multiplie les occasions de se tromper.

Amazon est explicite sur un point : le non-respect des espaces dédiés au fond perdu est l'une des causes les plus fréquentes de non-conformité d'un manuscrit. Si votre fichier a été refusé sans explication claire, c'est la première chose à vérifier.

Côté fichier, la règle est simple. Avec fond perdu, le PDF est obligatoire. Sans fond perdu, KDP accepte aussi les formats DOC, DOCX, RTF, HTML et TXT, et les convertit lui-même en PDF, avec les décalages que comporte toute conversion automatique. Dans tous les cas, Amazon recommande de convertir en PDF avant le chargement, d'activer le format PDF/X à l'export, et de créer un fichier neuf plutôt que d'écraser le précédent, un écrasement pouvant corrompre les données. La limite de conversion est de 650 Mo, un plafond qu'on n'atteint qu'avec des images en haute résolution.

Un dernier réflexe, et ce n'est pas une formalité : commandez un exemplaire épreuve avant de lancer la vente. Les contrôles automatiques de KDP valident la conformité, pas la lisibilité. La gouttière trop courte, le gris du texte trop clair, les numéros de page absents sur les pages de chapitre : tout cela se voit en trente secondes sur un exemplaire papier, et jamais sur un écran.

5. Le texte : police, corps, interligne

Amazon n'impose aucune police ni aucun corps de texte. Ce qui suit relève donc de la pratique éditoriale, pas de la documentation KDP, et je le signale parce que la différence compte : vous pouvez vous en écarter sans risque de refus, mais pas sans conséquence sur la lecture.

Pour le texte courant d'un livre imprimé, une police à empattements reste la référence : Garamond, Minion, Caslon, Georgia. Les empattements guident l'œil le long de la ligne et fatiguent moins sur plusieurs centaines de pages. Les polices sans empattements ont leur place dans les titres, les encadrés, les légendes et les ouvrages très structurés, mais rarement dans un roman.

Le corps se situe en général entre 10 et 12 points, et la fourchette est large parce que deux polices au même corps n'ont pas la même taille apparente : un Garamond à 12 points est plus petit à l'œil qu'un Georgia à 11. Fiez-vous à l'épreuve papier, pas au chiffre. L'interligne tourne autour de 1,2 à 1,4 fois le corps : en dessous, le texte s'étouffe ; au-dessus, il se délite.

Quelques réglages qui séparent nettement un intérieur propre d'un intérieur bricolé :

  • Justification et césure. Un texte justifié sans césure active creuse des rivières blanches entre les mots. Activez la coupure des mots, ou passez en texte au fer à gauche, ce qui est parfaitement acceptable.
  • Veuves et orphelines. Une ligne seule en haut ou en bas de page se corrige par une option du logiciel, jamais par un retour à la ligne manuel.
  • Alinéas plutôt que lignes vides. Dans un roman, les paragraphes s'enchaînent avec un retrait de première ligne, sans ligne vide entre eux. La ligne vide est une convention du web, pas du livre.
  • Deux familles au maximum. Une pour le texte, une pour les titres. Au-delà, le livre devient un échantillonneur.
  • Travaillez par styles. C'est le seul point non négociable. Un document stylé se remanie en une minute et se convertit proprement ; un document mis en forme à la main se refait entièrement à chaque changement.
  • Intégrez les polices au PDF. Sans cela, l'imprimeur substitue, et la mise en page bouge.

Enfin, un point de conformité que les auteurs de livres illustrés oublient souvent : si des éléments de l'intérieur ont été produits par un outil d'intelligence artificielle, images comprises, cela relève de la déclaration de contenu IA au moment de publier. Le mécanisme exact est détaillé dans mon article sur la déclaration de contenu IA sur KDP.

6. Pages liminaires et pagination

Les pages de début, ou pages liminaires, sont ce qui fait qu'un livre autoédité ressemble ou non à un livre publié. Il n'y a pas d'obligation Amazon ici, seulement un usage que les lecteurs reconnaissent sans le nommer. L'ordre habituel :

  1. Faux titre : le titre seul, parfois accompagné de la mention de collection.
  2. Page de titre : titre, sous-titre, nom d'auteur. Le travail sur le couple titre et sous-titre est décisif bien au-delà de cette page, je le détaille dans la méthode titre et sous-titre.
  3. Page de copyright : mention de réserve des droits, année, nom de l'auteur ou de la marque éditoriale, ISBN s'il y en a un, mention d'impression. C'est aussi là que figure, le cas échéant, le dépôt légal.
  4. Dédicace, si vous en avez une, sur une page de droite.
  5. Sommaire : indispensable en non-fiction, facultatif en fiction.

Côté pagination, la convention est simple et son non-respect se remarque. Les pages liminaires ne portent pas de numéro visible, ou portent des chiffres romains. La numérotation arabe démarre à la première page du texte. Les pages blanches et les pages de titre de chapitre ne portent pas de numéro apparent, même si elles comptent dans le total. Les chapitres commencent de préférence sur une page de droite, ce qui implique parfois d'insérer une page blanche.

Et le total compte : un défaut de pagination fait partie des motifs qui obligent à réimprimer, ce qui veut dire recorriger le fichier, le recharger et attendre une nouvelle validation. C'est exactement le genre d'erreur que l'exemplaire épreuve révèle pour quelques euros, et qui coûte une semaine de lancement quand on la découvre après la mise en vente.

7. L'ebook : flux, sommaire et poids du fichier

Pour l'ebook, oubliez tout ce qui précède sur les marges et la pagination. Il reste trois sujets.

Le fichier à livrer. KDP accepte plusieurs formats, et il recommande explicitement le KPF (Kindle Package Format) pour éviter les problèmes de mise en forme. Le KPF se produit avec Kindle Create, l'outil gratuit d'Amazon. Les autres formats acceptés sont le DOC et le DOCX, l'EPUB (à condition qu'il respecte les règles de publication Kindle), ainsi que le HTML, le RTF, le TXT et le PDF, ce dernier n'étant pris en charge que pour certaines langues, dont le français. À noter : Amazon ne prend plus en charge les fichiers MOBI pour les ebooks à mise en page fixe depuis mars 2025. Quel que soit votre format, passez le fichier dans Kindle Previewer avant de le charger, et regardez-le sur le rendu téléphone autant que sur le rendu liseuse.

Le sommaire cliquable. C'est le seul élément de navigation dont dispose un lecteur d'ebook, et il ne se tape pas à la main. Il se construit à partir des styles de titre du document. Dans Kindle Create, la détection automatique des titres de chapitre produit une table des matières interactive, et vous cochez les entrées à inclure. Dans l'aperçu, vérifiez que chaque entrée est bien cliquable et qu'elle renvoie au bon endroit. Un sommaire d'ebook ne porte jamais de numéros de page, puisqu'il n'y a pas de pages. Et sachez que Kindle Create a ses limites : les tableaux, les listes et les notes de bas de page n'y sont pas modifiables, il faut les corriger dans le logiciel source puis recoller le contenu. Autant dire qu'un livre très tabulaire se prépare en amont.

Le poids du fichier, qui coûte de la redevance. Voilà le point que presque personne ne fait le lien avec la mise en page. Dans l'option à 70 %, Amazon déduit des frais de livraison proportionnels au poids du fichier avant de calculer votre redevance : la formule officielle est 70 % du prix hors taxes diminué des frais de livraison. La documentation KDP cite un coût moyen de 0,06 $ par exemplaire vendu, variable selon la taille du fichier, et prend pour exemple un tarif de 0,10 € par Mo sur Amazon.es (le tarif exact par boutique s'affiche dans le calculateur de redevances de KDP).

Conséquence pratique : un ebook illustré dont les images n'ont pas été optimisées peut vous coûter plusieurs dizaines de centimes par vente, à vie. Compressez les images, travaillez-les à la résolution réellement utile sur un écran, et vérifiez le poids final. L'option à 35 %, elle, ne comporte pas de frais de livraison, ce qui en fait parfois le choix rationnel pour un ouvrage très lourd. Le calcul complet est dans l'article sur les prix et les redevances.

8. Fiction et non-fiction : ce qui change

Les contraintes techniques sont les mêmes. Les pièges diffèrent.

En fiction, le risque est la monotonie et la constance. Un roman, c'est trois ou quatre éléments répétés sur trois cents pages : le texte courant, le titre de chapitre, le dialogue, et parfois une séparation de scène. Tout l'enjeu est que ces quatre éléments soient rigoureusement identiques d'un bout à l'autre. Les dialogues en particulier méritent une décision explicite et unique : tiret d'incise ou guillemets français, et alinéa de reprise toujours traité de la même façon. Si vous publiez une série, figez cette maquette au tome 1 et conservez le fichier de styles : les lecteurs d'une saga ouvrent les tomes à la suite, et une typographie qui change au tome 3 se remarque immédiatement.

En non-fiction, le risque est la hiérarchie. Un guide pratique empile des niveaux de titre, des encadrés, des listes, des tableaux, des exercices, parfois un index. Si deux niveaux de titre se ressemblent trop, le lecteur se perd et ne retrouve plus l'information qu'il cherchait, ce qui est le seul reproche vraiment grave qu'on puisse faire à un livre pratique. Déclarez explicitement trois niveaux maximum, rendez-les visuellement distincts, et testez la navigation en ouvrant le livre au hasard : si vous ne savez pas en deux secondes où vous êtes, la hiérarchie est à revoir. Ajoutez-y un sommaire détaillé, qui en non-fiction n'est pas une politesse mais un outil de vente, puisqu'il apparaît souvent dans l'aperçu « Regarder à l'intérieur ».

Les deux publics partagent une contrainte : le manuscrit est le même, la maquette ne l'est pas. Faire l'ebook en exportant l'intérieur du broché produit un fichier bourré de reliquats de pagination. Faire le broché depuis l'ebook produit un intérieur sans alinéas ni gouttière. Partez du manuscrit stylé, et déclinez-le deux fois.

Ce qu'il faut retenir

La mise en page d'un livre KDP tient à quatre décisions prises dans le bon ordre. La taille de coupe en premier, parce qu'elle verrouille les marges, le nombre de pages, le coût d'impression et la couverture. Les marges ensuite, au-dessus des minimums d'Amazon et non pile dessus, avec une gouttière qui grandit avec l'épaisseur du livre. Le fond perdu seulement si vous en avez besoin, et alors en PDF, à 3,2 mm de débord. Le fichier enfin : PDF en PDF/X pour l'imprimé, KPF ou EPUB validé dans Kindle Previewer pour l'ebook.

Et une habitude qui règle à elle seule la moitié des problèmes : travaillez par styles. Un manuscrit stylé se décline en broché et en ebook sans douleur, se corrige en une minute, et se réutilise au tome suivant. Un manuscrit mis en forme à la main se refait intégralement à chaque modification. Ajoutez-y un exemplaire épreuve commandé avant la mise en vente, et vous vous épargnez la réimpression dont personne ne parle, celle qu'on découvre en recevant ses propres exemplaires.

Questions fréquentes

Quelles marges faut-il pour un livre broché sur Amazon KDP ?

Amazon impose un minimum de 6,4 mm (0,25 pouce) sur les marges extérieures d'un livre sans fond perdu, et 9,6 mm (0,375 pouce) s'il y a du fond perdu. La gouttière, elle, dépend du nombre de pages : 9,6 mm de 24 à 150 pages, 12,7 mm de 151 à 300 pages, 15,9 mm de 301 à 500 pages, 19,1 mm de 501 à 700 pages et 22,3 mm de 701 à 828 pages. Ce sont des minimums, pas des valeurs de confort : pour un roman, 15 à 20 mm en extérieur et la gouttière minimale augmentée de 3 à 5 mm donnent un livre nettement plus agréable à tenir.

Quel format de livre choisir sur Amazon KDP ?

Le 15,24 x 22,86 cm (6 x 9 pouces) est la taille par défaut de KDP et la plus répandue, bien adaptée aux romans comme aux guides pratiques. Le 12,7 x 20,32 cm (5 x 8 pouces) donne un objet plus proche du poche français. Le 21,59 x 27,94 cm (8,5 x 11 pouces) et le A4 conviennent aux cahiers d'exercices et aux livres très illustrés. KDP accepte aussi des formats personnalisés pour le broché, entre 4 et 8,5 pouces de largeur et entre 6 et 11,69 pouces de hauteur. Choisissez avant de mettre en page : changer de format ensuite impose de refaire la pagination et la couverture.

Faut-il livrer un PDF ou un fichier Word à KDP ?

Pour l'intérieur d'un broché ou d'un relié, le PDF est recommandé, et il devient obligatoire dès que des images ou des éléments vont jusqu'au bord de la page, donc dès qu'il y a du fond perdu. Sans fond perdu, KDP accepte aussi les fichiers DOC, DOCX, RTF, HTML et TXT, et les convertit lui-même en PDF, avec le risque de décalage que comporte toute conversion automatique. Amazon conseille d'activer le format PDF/X à l'export et de créer un fichier neuf plutôt que d'écraser le précédent. La taille limite de conversion est de 650 Mo.

Quelle police et quelle taille de police pour un livre ?

Amazon n'impose aucune police, c'est donc la pratique éditoriale qui tranche. Pour le texte courant d'un livre imprimé, une police à empattements (Garamond, Minion, Caslon, Georgia) reste la référence, entre 10 et 12 points selon le dessin de la police, avec un interligne de l'ordre de 1,2 à 1,4 fois le corps. Les polices sans empattements se gardent pour les titres, les encadrés et les ouvrages très structurés. Deux règles valent plus que le choix de la police : intégrez les polices au PDF, et ne dépassez pas deux familles dans tout le livre.

Comment faire un sommaire cliquable pour un ebook Kindle ?

Un sommaire d'ebook ne se tape pas à la main : il se construit à partir des styles de titre du document. Avec Kindle Create, la détection automatique des titres de chapitre produit une table des matières interactive, et vous cochez les entrées à inclure. Dans l'aperçu, vérifiez que chaque entrée est cliquable et renvoie au bon endroit. Un sommaire d'ebook ne porte jamais de numéros de page, puisque la pagination n'existe pas dans un texte au flux continu. Sachez aussi que les tableaux, les listes et les notes de bas de page ne sont pas modifiables dans Kindle Create : il faut les corriger dans le logiciel source.

Qu'est-ce que le fond perdu sur KDP et quand faut-il en prévoir ?

Le fond perdu est la zone de débord prévue pour absorber l'imprécision de la coupe. Sur KDP, les éléments qui doivent toucher le bord de la page s'étendent 3,2 mm (0,125 pouce) au-delà de la ligne de coupe, en haut, en bas et sur le côté extérieur. Vous en avez besoin dès qu'une image, un aplat de couleur ou un filet touche le bord, donc typiquement dans un livre illustré, un cahier d'exercices ou un album. Un texte courant sans élément en bord de page n'en a pas besoin. Amazon signale le non-respect des espaces de fond perdu comme l'une des causes les plus fréquentes de refus d'un manuscrit.

Combien de pages un livre broché KDP peut-il compter ?

Le plancher est de 24 pages pour un broché, et le plafond dépend du papier et de l'encre : 828 pages en encre noire sur papier blanc, 776 pages sur papier crème (plus épais), 812 pages sur papier avec bois, 600 pages en couleur standard (avec un plancher relevé à 72 pages) et 828 pages en couleur premium. Le relié est plus contraint, de 75 à 550 pages dans la plupart des formats. Ces plafonds baissent encore sur les grands formats, les carrés, le 11 pouces et le A4 : vérifiez toujours la combinaison exacte de votre livre dans l'interface KDP.

Faut-il payer quelqu'un pour mettre en page son livre ?

Pas nécessairement. Un roman en texte courant se met correctement en page dans un traitement de texte, à condition de travailler par styles et non en mise en forme manuelle, et les gabarits de manuscrit fournis par KDP couvrent l'essentiel. La question se pose vraiment dans trois cas : un livre très illustré ou en fond perdu, un ouvrage lourdement structuré (tableaux, encadrés, exercices, index), et une collection dont tous les tomes doivent partager la même maquette. Dans ces trois cas, le temps passé à se battre avec le logiciel dépasse largement le coût d'une mise en page faite une fois pour toutes et réutilisable.

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On regarde ensemble votre intérieur, vos marges et le fichier que vous comptez charger, pour repérer ce qui ferait refuser le manuscrit ou obligerait à réimprimer. 15 minutes, gratuit, sans engagement.

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